L’économie circulaire, pas assez glamour pour les marketeurs ?

L’économie circulaire, levier de développement durable, n’est à ce jour pas vraiment valorisée par le marketing en agroalimentaire. Avec raison ? Difficile effectivement de communiquer sur le fait que ses déchets prennent de la valeur !

 

L’emballage, premier vecteur de communication d’une marque, est en général la porte d’entrée vers l’économie circulaire. Sa fabrication et son cycle de vie (recyclage, incinération, etc.) représentent une part importante des émissions de CO2 des industries agroalimentaires : 50% chez Coca-Cola par exemple ! L’emballage recyclé est un sujet populaire et facile à valoriser car le consommateur y est sensibilisé jusque dans sa propre cuisine. Mais que dire de la gestion rationnelle de ses déchets comme les boues et résidus organiques que l’Agreste chiffre en France en millions de tonnes annuelles pour l’agroalimentaire ? L’industriel doit-il mentionner qu’il recycle, épand, composte, méthanise, valorise en engrais ce qui ne se trouve pas dans le produit final ? Si nous revenons à Coca-Cola, où peut-on lire que le groupe est en train de travailler sur l’intégration des résidus comme les épluchures ou les écorces dans ses PlantBottle en PET bio-sourcé ? Qui sait qu’en Eure-et-Loir, Fruitofood revalorise en cosmétique l’eau évaporée des fruits qu’elle déshydrate ? Ou que dans le Gard, Nutritis extrait des sucres des fruits déclassés voués à la destruction ? Les initiatives remarquables en termes d’économie circulaire ne font pas -encore- les choux gras des marketeurs…

 

Et pourtant, l’agroalimentaire doit relever le défi à la mode de l’économie circulaire. C’est-à-dire éco-concevoir ses produits pour que leurs déchets ne soient plus une finalité, mais une étape de leur existence. Il s’agit, en fait, de revenir au cycle de la vie… et à des pratiques un peu oubliées, comme la distribution en circuit court, l’arrosage des champs alentours avec les eaux usées traitées, ou la réutilisation des emballages. Le modèle économique traditionnel linéaire a atteint les limites que la planète pouvait supporter : matières premières prélevées-production-consommation-déchet. 2014 a vu les premières assises et forums sur l’économie circulaire ; le consommateur entend désormais au concept, et les entreprises essaient de se l’approprier. Mais l’exercice est autrement plus difficile pour les marketeurs : comment mettre en avant ces boucles de valeur positives, où la gestion des déchets est reléguée à une étape plutôt qu’à un aboutissement ?

 

 

Laurence HaxaireLaurence Haxaire écrit depuis quinze ans pour la presse professionnelle agroalimentaire. Ingénieur en sciences et techniques de formation, rédactrice indépendante par choix et conviction, elle est basée à Bordeaux mais intervient en Europe, aux Etats-Unis et en Afrique. Son leitmotiv : se faire l’écho d’une profession en répercutant les bons mots, avec ses propres mots. http://www.lh-echo.com/

Commentaire

Une réponse à “L’économie circulaire, pas assez glamour pour les marketeurs ?”

  1. Delprat dit :

    Si l’on regarde tout en haut de la filière, on trouve les agriculteurs français qui sont champions du Monde du recyclage. Céréaliers, éleveurs, viticulteurs, arboriculteurs….ils ont trié et rapporté 68.000 tonnes de plastiques et emballages usagés en 2014. Grâce à la filière volontaire A.D.I.VALOR (Agriculteurs, Distributeurs, Industriels pour la valorisation des déchets agricoles), 93% de ces plastiques ont été recyclés. Ainsi, les bidons de produits de protection des plantes, les sacs d’engrais et de semences ou les films utilisés en élevage et en maraîchage sont récupérés, partout en France, et permettent de fabriquer de nouveaux produits. La France est le seul pays au Monde a proposé un dispositif aussi complet et performant, basé sur le volontariat et l’engagement de l’ensemble des acteurs de l’agriculture.

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