Le made in France en action : les nouveaux partenariats industrie/agriculture changent la donne

La transformation alimentaire est indissociable de la production agricole. Mais pour certaines filières, l’offre se résume parfois à des matières premières d’importation. La tendance est au rapprochement des industriels et des agriculteurs pour un approvisionnement plus cohérent et des consommateurs mieux servis.

 

Le développement des partenariats agriculteurs-industriels n’est pas un épiphénomène. Sur un marché mondialisé où les approvisionnements n’ont plus de frontière, rétablir un équilibre relationnel entre les producteurs de matières premières et les transformateurs présente de multiples intérêts : diversification et contrats de production sur plusieurs années pour les premiers, maîtrise des approvisionnements pour les seconds, offre d’origine affichée pour les consommateurs, communication sur le bon sens des produits locaux en distribution, cohérence et richesse accrues des territoires, impact positif sur l’emploi, entre autres.

 

Les industries alimentaires tendent ainsi vers l’utilisation d’ingrédients agricoles de proximité. Certaines l’ont toujours fait, comme l’immense usine picarde Nestlé-Mousline transformant annuellement en flocons déshydratés plus de 100000 tonnes de pommes de terre cultivées dans un rayon de 25 kilomètres. D’autres l’ont fait dans le temps, lorsque la France produisait les matières premières dont elles avaient besoin, mais se sont finalement résolues à se fournir dans des régions étrangères lorsque d’autres cultures ont pris le devant pour raisons économiques. Parmi elles, certaines s’impliquent pour la relance comme, dans le cas du soja, Sojinal Alpro en Alsace ou Le Sojami dans le sud-ouest qui ne sont pas étrangères au bond de plus de 75% qu’a fait en 2014 la production française. Ou le pionnier de la plante à infusion bio Pagès qui travaille au développement d’une filière nationale pour la verveine.

 

En linéaires, les produits affichent de plus en plus la provenance régionale ou nationale de leurs ingrédients principaux, mais aussi, au-delà, des informations sociétales illustrants les partenariats agriculteurs-industriels : « Origine France garantie, Bon pour l’emploi » chez Ovive (Aqualande), photo des éleveurs de porc sur les charcuteries U Bio, ou affichage du montant de la rémunération des coopératives de producteurs de fruits dans les publicités U. Ces partenariats changent la donne, du champs à l’assiette.

 

Auteur :

Laurence Haxaire

Laurence Haxaire écrit depuis quinze ans pour la presse professionnelle agroalimentaire. Ingénieur en sciences et techniques de formation, rédactrice indépendante par choix et conviction, elle est basée à Bordeaux mais intervient en Europe, aux Etats-Unis et en Afrique. Son leitmotiv : se faire l’écho d’une profession en répercutant les bons mots, avec ses propres mots. http://www.lh-echo.com/

 

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